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En Guinée-Bissau, le premier ministre aurait été arrêté par l'armée

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Des militaires ont attaqué, jeudi 12 avril au soir, la résidence du premier ministre sortant de Guinée-Bissau, Carlos Gomes Junior, candidat à la présidentielle du 29 avril, a affirmé un témoin à l’AFP. « On a été assaillis par des roquettes RPG, on a été obligés de battre en retraite », a déclaré un policier présent à la résidence de M. Gomes Junior, sans préciser la destination des occupants.

Le chef du gouvernement était sur place avant les tirs, a-t-il affirmé, sans pouvoir préciser sa situation actuelle. Des militaires occupaient les principales artères de Bissau, après avoir pris le contrôle de la radio nationale en début de soirée, d’autres occupaient le siège du parti au pouvoir dans le centre-ville.

Selon son épouse, Carlos Gomes Junior, a été arrêté dans la foulée. « Ils l’ont introduit dans un pick-up qui a démarré en trombe vers une destination inconnue », a précisé Salomé Gomes, venue à la résidence du couple pour récupérer des affaires. Aucune information n’était disponible dans l’immédiat sur la situation du président intérimaire Raimundo Pereira.

« TENTATIVE DE COUP D’ETAT »

L’armée bissau-guinéenne a affirmé avoir voulu dénoncer, lors de sa tentative de coup d’Etat, un « accord militaire secret » conclu selon elle par le pouvoir. « L’événement d’hier a pour raison le fait que nous avons découvert l’existence d’un accord militaire secret, signé à la fois par le premier ministre, Carlos Gomes Junior, et le président intérimaire, Raimundo Pereira, le gouvernement de Guinée-Bissau et celui d’Angola », indique un communiqué de l’état-major.

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a condamné un « coup de force » et une « tentative de coup d’Etat » dans un pays qui connait une instabilité chronique.
« FRAUDES MASSIVES » AU PREMIER TOUR

Un peu plus tôt, l’opposition bissau-guinéenne, menée par Kumba Yala, qui doit affronter le 29 avril au second tour de l’élection présidentielle Carlos Gomes Junior, avait appelé au boycott du scrutin au nom de la « justice », et mis en garde quiconque battrait campagne. L’ex-président Kumba Yala avait dénoncé des « fraudes massives » au premier tour et prévenu qu’il ne participerait pas au second tour. « J’ai dit et je le répète : je ne veux pas d’un second tour », a-t-il encore martelé.

Carlos Gomes Junior a obtenu au premier tour, le 18 mars, 48,97 % des voix et Kumba Yala, 23,26 %. La campagne électorale pour le second tour est censée débuter vendredi, pour s’achever le 27 avril. Des violences étaient redoutées depuis plusieurs jours dans cette ex-colonie portugaise, dont l’histoire est jalonnée de putschs, tentatives de coups d’Etat militaires et violences politiques depuis son indépendance, en 1974. La Guinée-Bissau est devenue en outre ces dernières années une plaque tournante du trafic de drogue entre l’Amérique du Sud et l’Europe.

lemonde.fr

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