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ECHOS DU PALAIS DU 30 JUIN 2012

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Voici les faits soumis à l’attention du jury. Le dimanche 15 octobre 2006, dans la petite ferme de Vétodomé dans la préfecture de Kpélé-Akata, le nommé Gnama Sarah est sorti de sa maison en y laissant sa fille Afi, âgée de 11 ans. Aux environs de 18 heures, celle-ci ayant peur de rester seule à la maison, entrepris de se rendre auprès d’un voisin nommé Sondou Esso en attendant le retour de son père. Mais en ce moment précis, le couple Sondou recevait justement l’inculpé qui était leur charlatan guérisseur. Une quinzaine de minutes plus tard, Afi retourna à la maison pour vérifier si son papa est déjà là. S’étant rendue compte que décidément, son père tardait à rentrer, elle partait à nouveau chez les Sondou lorsqu’elle fut interceptée par le charlatan Messida A. Ce dernier l’a traina dans un champ de maïs non loin de la ferme, la viola avant de se servir de la chaine qu’il portait au bras pour l’étrangler. Après son forfait, il prit la fuite abandonnant le corps sans vie atrocement mutilé sur les lieux.

Le corps fut découvert deux jours plus tard par le malheureux et inconsolable père de la victime qui alerta aussitôt la brigade de gendarmerie de Bodjé dont l’enquête abouti à l’interpellation de Messida A.
Comme c’est souvent le cas dans les procédures pénales, l’accusé a d’abord reconnu les faits durant l’enquête préliminaire en déclarant avoir tué la fille pour éviter une dénonciation de sa part. Cependant devant le juge d’instruction, l’inculpé a varié dans ses propos. C’est vrai, il a commis l’homicide mais pas le viol. La question qui vient tout de suite à l’esprit est de savoir pourquoi lui avoir alors ôté la vie s’il ne se reprochait rien ? D’ailleurs, pour un père quelle différence ? Avoir cruellement mis fin à la vie d’une innocente fille ou l’avoir violé avant, la douleur reste la même. Et la société en est révoltée !


C’est pourquoi, en dépit de la tentative de la défense de soustraire l’accusé de la sanction pénale en invoquant l’emprise d’esprit mauvais, c’est sans la manifestation d’un brin de pitié que le public a accueilli la lourde peine infligée à celui-ci : quinze ans de prison pour le viol de mineure de moins de 14 ans et surtout la réclusion à perpétuité pour l’homicide volontaire, la première peine étant confondue à la seconde. La mort ! Ont murmuré les plus révoltés en oubliant que la peine de mort ne fait plus partie de la législation de notre pays.

Merci de votre fidélité ; on se dit…à bientôt !

Ali Junior Essowê

radiolome.tg

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