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Deux années de pavé contre une victoire volée. Jean-Pierre Fabre, l’homme inusable de l’alternance démocratique au Togo

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Jean-Pierre Fabre, l’homme inusable de l’alternance démocratique au Togo

« La gloire se donne seulement à ceux qui l’ont toujours rêvée ». Quand on y croit, rien ne peut l’entraver, devons-nous insister. Dans Les chênes qu’on abat, De GAULLE souligne l’œuvre titanesque du choix libre que l’homme fait de lui-même pour combattre l’asservissement, l’injustice, l’oppression et l’indignité. Cet engagement s’identifie absolument à ce qu’on appelle la destinée d’une nation où le rôle du hasard est inexistant. Toute la difficulté à tenir dans le combat de libération d’un peuple réside dans la vertu et le génie de celui qui porte verticalement la voix du plus grand nombre et sa loyauté à défendre les espérances populaires.

Cette responsabilité est lourde parce qu’elle doit affronter toutes les adversités, toutes les manœuvres. Elle demeure incisive pour se dégager de toutes les compromissions. C’est en cela que De GAULLE la compare à un défrichage d’une forêt de chênes pour faire place à une nouvelle construction de l’avenir. Les hommes qui veulent à leurs peuples la liberté sont ceux qui leur garantissent l’existence dans la concorde et le partage. Ce sont eux qui sont en phase avec les populations et savent se projeter sur des horizons qui relèvent les nations de la chute, de la misère et de toutes les féroces infirmités d’un ordre ancien.

Il y a dans le leadership une course de résistance parce qu’elle permet à la lutte d’être dans la durée avec une stratégie robuste, incisive, qualitative qui emporte l’adhésion populaire dans sa méthode multiple à court, à moyen et à long terme avec l’objectif principal de rompre définitivement les chaînes de l’asservissement. Le meilleur rang du leader se manifeste dans sa capacité de mobilisation sur la base des valeurs et de l’ambition pour le pays. Le peuple a besoin de s’identifier à lui, de se reconnaître dans celui qui comprend bien ses problèmes, le résume, l’explique, incarne ses espérances et sait le mener où il doit aller. Pour être modeste, c’est-à-dire, comprendre que le sentiment qu’il a de sa propre supériorité ne vaut pour lui-même, mais pour les faiseurs du leader, il a l’obligation d’entretenir les ressources humaines avec respect et encouragement permanents. Ce sont elles qui tissent autour de lui un filet de solidarité infranchissable pour les ennemis et les démolisseurs. La disponibilité du leader à l’ouverture et sa rigueur lui donnent une dimension de flexibilité et de loyauté à composer avec les formations politiques dont les idéaux et les compétences renforcent l’optique commune à défendre, dans une vision large d’une épopée.

A cet effet, le FRAC (Front Républicain pour l’Alternance et le Changement) est la coalition des partis politiques qui tient le flambeau de la contestation et du champ médiatique du rejet d’un régime de faussaires, de fraudeurs et de violeurs de la Constitution dans une République des misères. Jean-Pierre FABRE se fait une base de soutien encore plus large avec les partis politiques du front de la défiance.

Au Togo, le RPT du père autant que celui du fils n’ont jamais gagné une seule élection. Régularité du scrutin, transparence, sérénité et justice ne sont nullement les données des conditions des consultations électorales. C’est pourquoi le rejet catégorique des résultats de l’élection présidentielle du 04 Mars 2010 est une réalité populaire. Elle dure depuis deux années consécutives sous le sceau d’une véhémente protestation dans les rues de Lomé, tous les samedis, sanctionnée par un meeting à la Place du changement à la façade marine du Palais de la Marina. Le décryptage hebdomadaire des dérives du fonctionnement des appareils de l’Etat est une sensibilisation à l’engagement contre la République des privilèges odieux. Ce travail de mobilisation populaire et d’analyse politique mis à la portée du peuple et des médias est unique au monde dans sa monture. Il porte déjà ses fruits en ce que la peur du régime brutal s’est estompée. La défiance politique de FABRE pousse le pouvoir à la faute d’une répression aveugle que réprouvent les partenaires du développement, les Organisations de Défense des Droits de l’Homme et le peuple.

Aujourd’hui, le Président de l’ANC a ouvert le boulevard de la contestation à tous les régiments des Organisations de défense des droits humains, de la société civile, des étudiants, des syndicats. Ils sortent tous de la torpeur morne dans laquelle la brutalité du régime les avait confinés.

Le bilan de la contestation et du rejet du régime n’est-il pas notoire du fait de l’action et de la détermination de FABRE et du FRAC ?

Quelles sont les portes de l’avenir qui s’ouvrent à FABRE dans la marche inexorable de l’histoire du Togo vers l’alternance ?

1) J-P FABRE, le gain de l’histoire

Il y a vingt-et-un ans que l’opposition démocratique contre le régime RPT s’est constituée dans la douleur, le harcèlement des leaders avec des assassinats politiques, des crimes de masse, des massacres de tous ceux qui tentent de sortir notre pays de la vallée d’une pensée unique et de la terreur. Des vies ont été écrabouillées, des œuvres de toute une vie brûlées et l’exil a toujours été le dernier recours des justes qui font la preuve de leur fidélité au combat pour la Nation. Des bras armés tapissent encore dans l’ombre et dressent des traquenards à tous ceux qui sont dans l’optique d’un vrai changement dans notre pays qui célèbre des tortionnaires avec des décorations pour services rendus. Autant le régime du père est outrageusement pervers et faux, autant celui du fils s’édifie dans le crime et la falsification. Toute la stratégie léguée au fils est l’usure de l’opposition avec des pratiques de privation de ses succès, de ses avantages et confiscation des résultats des élections.

Tout le gotha de l’opposition a fini par céder plus ou moins à une escroquerie de dialogue à la soupe de la compromission et du renoncement. Comme la vertu est toujours fatigante, beaucoup de nos leaders préfèrent le vice du fléchissement et des fortunes insignifiantes. Ils participent à la légitimation d’une méthode d’éradication de l’opposition par la phagocytose. Tous ceux qui entretiennent l’illusion d’un combat de l’intérieur du système avec des strapontins servis sont exhibés par le pouvoir dans une foire aux nigauds. Ainsi, le régime les récompense et s’en sépare sitôt qu’ils se taisent. Le dialogue ne peut pas être prôné à n’importe quelle condition. C’est pour cela que le cardinal de RETZ dans ses Mémoires semble donner raison à Jean-Pierre FABRE lorsqu’il signe : « Se trop ériger en négociateur n’est pas toujours la meilleure qualité pour la négociation ».

L’opposition togolaise est une force nationale redoutable consciente d’elle-même, de son soutien massif et populaire. Mais elle n’a jamais su s’accrocher à sa légitimité populaire pour mener le peuple dans la soif du changement avec exigence et probité. Elle s’est trop souvent servie de la voix populaire pour assouvir des ambitions étriquées, personnelles par précipitation ou par naïveté pour remettre en selle le régime des ordures insupportables. Son emballement dans d’obscurs dialogues sans l’âme des garanties ni de suivi d’un chronogramme l’a sombré dans un naufrage. Avec le rescapé de l’ANC, Jean-Pierre FABRE, le report d’un sursaut national contre la servitude est l’ultime chance d’un peuple qui aspire grandement au changement.

Seuls ceux qui ont des moisissures au cerveau ou qui babillent de sottise dans leur journalisme de fortune et de grande adolescence zébrée de vaine fougue et peut-être payante savent l’accuser de radicalisme et d’excentricité. Comment peut-on être dans la République, respecter les données de la Constitution, les lois dans une contestation justifiée d’un hold-up électoral et être excentrique ? Il faut être d’une pitoyable courte vue à vouloir traquer celui qui agit seulement avec des dispositions purement constitutionnelles. Nul ne peut être dans la République et être excentrique ou fou. Si tout un peuple le suit avec dévotion, enthousiasme, régularité, alors on peut bien conclure que c’est ce peuple qui est fou. Tous les grands hommes de l’histoire savent convaincre la masse et la remuer pour les grandes causes. L’héroïsme de leur vision est toujours une anticipation sur l’avenir. A ce sujet, dans les Promenades littéraires, Rémy de GOURMONT dit que « Les excentricités qui ne réussissent pas deviennent ridicules, et même méprisables ». Aujourd’hui, qui sont ceux que le peuple togolais frappe d’indifférence et de mépris ?

Par inférence, nous devons savoir que le gain de la lutte de la résistance revient entièrement à Jean-Pierre FABRE et au FRAC, c’est-à-dire, à tous ceux qui ont l’intelligence lumineuse de le comprendre et de le soutenir. Ceux qui s’abîment dans une passion agressive de persécution affaiblissent le gouvernement qui perd le procès au tribunal communautaire d’Abuja. Dans la ténacité et l’opiniâtreté, FABRE est fondamentalement légaliste. Rien ne l’abat ni dans le travail ni dans les défis. Ses capacités nous rapprochent de la réflexion de Honoré de BALZAC pour qui, dans La Vendetta : « Les gens qui veulent fortement une chose sont presque toujours servis par le hasard ». Ce hasard les ressemble en ce qu’il n’est en rien la résultante des circonstances fortuites, mais l’aboutissement d’énormes sacrifices, une démarche légitime et irrésistible avec de forces convergentes qui leur offrent la victoire finale.

L’ANC est un parti de l’action. Il est visible dans ses actes. Il a une démarche intégrative et intègre parce qu’il rassemble tous ceux qui sont déçus des dialogues oiseux et en révolte contre la faillite d’un pouvoir qui a ruiné le pays. Pour refaire la République, la vertu doit être une priorité, le mérite, un avantage et les conciliabules abjects à proscrire. C’est pourquoi la fraude électorale est le point de départ, la raison de la contestation parce que, comme l’écrit Louis XIV dans ses Mémoires : « Tout l’art politique est des se servir des conjectures ».

2) Reconnaissance et espoir

La grandeur est le juste combat en lequel se reconnaît un peuple, ou tout au moins le plus grand nombre des citoyens. Ce sont les peuples qui font aux combattants la notoriété, c’est-à-dire, une force de présence assidue, une visibilité sociologique, un impact psychologique énorme, une ascension médiatique, une élévation éthique et une assise politique. Jean-Pierre FABRE a réussi à donner à l’ANC des tentacules d’ancrage plantureux en si peu de temps qui serpentent les savanes, les montagnes, les plateaux, les forêts et le cordon littoral de notre pays. Ses actions qui vont dans le sens d’un Togo autre… lui ont cousu une ascendance quasi certaine. Le leader de l’ANC a réussi à se propulser sur le plateau de l’alternance au Togo avec une sympathie populaire indéniable et une préférence prononcée des Togolais sur la base de sept facteurs principaux :

a) Le refus de se dessaisir des rêves collectifs, de trahir les aspirations profondes de toute une nation pour des profits personnels et vils. Le choix solitaire de Gilchrist OLYMPIO de se fondre dans le RPT a créé une réplique populaire à la faveur de celui qui a mené la fronde de la dignité au nom du respect du peuple, de la mémoire de tant de morts. Sa fidélité au peuple, aux préférences populaires fondées sur l’éthique politique ont fait de lui le pôle de convergence quasi certain du choix des populations.

b) Les persécutions récurrentes contre sa personne, le parti politique qu’il dirige et contre ses amis politiques au sein du FRAC éveillent les Togolais sur la force de frappe qu’il constitue et que le pouvoir se donne la peine d’étouffer à tout prix. De là naît une vague de sympathies inouïes et de soutien de plus en plus croissant. Beaucoup de nos compatriotes appellent, d’ailleurs, les autres partis politiques de l’opposition à se joindre à lui, dans un front commun de libération du pays de l’asservissement.

c)L’armature psychologique de FABRE est celle des grands hommes. Sa force morale à tenir dans toutes les tempêtes fait de lui un vrai capitaine. Le « background » de son militantisme depuis les colonnes des journaux dans le travail à l’ancienne UFC, son engagement sur le terrain de l’ANC font de lui un meneur d’hommes avéré.

d) Il dispose d’une promptitude à réagir avec dextérité sur tous les sujets, les événements, les problèmes qui touchent la vie de nos populations ou ébranlent l’existence-même du pacte social dont le fondement est le partage dans le respect des mérites pour un bonheur collectif. Il est le leader le plus proche des populations. Il n’est pas un leader des salons ou un politicien en chambre.

e) Sa rigueur politique et sa flexibilité à s’ouvrir aux partis qui portent des idéaux d’éthique politique manifeste dans des réflexions et des actions à défendre la liberté, les droits, la constitution l’élèvent. Le FRAC dans sa virginité politique, le met en confiance dans le combat auquel il a déjà consacré plus de deux décennies.

f) Sa méthode est la défense des droits, des libertés et de la vérité quoi qu’il arrive, le met en situation de défiance politique face à un pouvoir de la terreur, de la force brute, du mensonge et de la falsification. S’ériger contre la faiblesse de l’arbitraire du régime est la force et la valeur morale qui lui font le chemin dans toutes les couches socioprofessionnelles. Ce sont elles qui lui délivrent le brevet d’une République de la justice.

g) Ce qui édifie tous les Togolais d’ici et d’ailleurs, c’est son audace. Il sait comme VOLTAIRE, que « les mortels sont égaux ; ce n’est point la naissance, c’est la vertu qui fait la différence ». Cette valeur de vertu est une qualité d’appel à laquelle adhèrent facilement ceux qui savent reconnaître les meneurs d’hommes. Fort heureusement, la grande majorité des Togolais sont lucides et admiratifs de la qualité de l’homme. Ce sont eux qui lui ont offert le gain de la victoire volée le 04 mars 2010.

A l’heure où les accointances de nombreux partis politiques avec le régime RPT n’ont produit de réelles réponses aux attentes des Togolais, en ces heures encore plus troublantes de notre histoire où les tortionnaires sont célébrés, décorés à la présidence de la République, en ces temps où les Togolais s’enfoncent dans l’indigence et l’insécurité, il y a un réflexe contagieux et naturel de survie qui tient à un changement radical du système de gestion des affaires de la République. La trajectoire politico-médiatique de Jean-Pierre FABRE, sa proximité avec la population à travers la marche hebdomadaire, ses visites et contacts avec le pays profond, sa dimension pragmatique sur le terrain, son ouverture avec d’autres partis politiques et son engagement permanent avec les organisations de défense des droits de l’Homme lui ont donné un positionnement très proche de nos concitoyens.

Sur le terrain, le leader de l’ANC a fait sa propre voie dans la douleur et la répression qui s’essouffle d’elle-même parce qu’il n’est pas l’homme à réduire au silence par la force ou la corruption.

On ne peut pas atteindre le ciel par un simple salut. Il faut se construire des valeurs, des escaliers pour recevoir le salut. Le rêve est dans la passion de la justice, le culte de la vie, le respect de l’humain-patron, la culture du mérite et l’excellence, la puissance de l’intelligence à s’ouvrir à toutes les forces convergentes de l’alternance et du vrai changement pour une République de partage. Avec le pavé, Jean-Pierre FABRE et le FRAC offrent au Togo le somptueux boulevard de l’alternance.

Didier Amah DOSSAVI

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