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Dans une interview accordée à « Diaspora-News » : Tina Gnassingbé, la fille aînée de feu Eyadema, « veut sa part d’héritage »

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Dans une interview accordée à « Diasporas-News », Tina Gnassingbé, la fille aînée de feu Gnassingbé Eyadema, revient sur la situation qu’elle vit depuis qu’elle a été sommée de vider la résidence sise au 29, Avenue du Maréchal Maunoury à Paris. Sa fille Aimée-Christiane qui intervient de temps en temps dans cet entretien, révèle qu’il y a effectivement une guerre autour de l’héritage du Général Gnassingbé Eyadema. « Ma mère veut sa part d’héritage. Après quoi, elle pourra quitter la résidence et s’installer ailleurs », explique-t-elle.
 
Entretien avec Tina Gnassingbé, la fille aînée de feu Président Eyadema Gnassingbé
 
Sous la menace d’une expulsion, Tina Gnassingbé crie à la conspiration contre elle. Selon elle, c’est SEM Calixte MADJOULBA, ambassadeur du Togo en France, qui est à la base de la situation difficile qu’elle vit aujourd’hui. Du coup, elle décide d’en parler à travers la presse, notamment Diasporas-News.
 
Diasporas News : Après l’ONG Compagnons de Cœur qui a lancé un SOS pour vous, vous décidez de parler de votre situation dans le magazine Diasporas-News. Pourquoi ?
 
Tina Gnassingbé : J’ai découvert votre journal Diasporas-News grâce à l’ONG Compagnons de Cœur présidée par le physicien Pétros Adler ZINZINDOHOUÉ. Je peux vous dire que j’ai eu la chance de rencontrer cet homme au grand cœur grâce à Jackie AHO que je remercie. De façon bénévole, l’ONG m’aide et me guide dans mes démarches. Son soutien me soulage et me fortifie.
 
D.N : Qu’a donc fait l’ONG pour vous ?
 
T.G : Elle a beaucoup fait pour moi. Je vous ai dit qu’elle m’aide et me guide dans mes démarches. Lorsqu’on avait coupé l’eau dans la résidence, c’est l’ONG qui avait alerté mon frère le Président Faure Gnassingbé par Fax. Elle avait défendu mon cas auprès des institutions malgré les intimidations orchestrées par l’ambassadeur. C’est encore grâce à l’action énergique de l’ONG que mes enfants et moi-même habitons encore cette résidence.
 
D.N : Pourquoi votre frère Faure Gnassingbé à travers son représentant à Paris vous demande-t-il de quitter la résidence ?
 
T.G : Personnellement, mon frère ne m’a jamais dit de quitter la résidence. C’est plutôt l’ambassadeur que j’accuse. Je ne crois pas du tout quand il dit que c’est sur injonctions de l’Office du Patrimoine Immobilier du Togo à l’Étranger (OPITE) qu’il me demande de quitter la résidence. Il se peut aussi qu’il agisse sur instructions de mon frère Faure. Mais je n’en sais rien.
 
D.N : Avez-vous essayé d’approcher votre frère pour lui en parler ?
 
T.G : J’étais revenue de Lomé le 16 octobre dernier. J’avais fait des mains et des pieds pour le rencontrer, mais peine perdue. Avant de voyager au Togo, je l’avais appelé, mais en vain. Que ce soit au palais présidentiel ou à sa résidence, j’ai trouvé portes closes.

D.N :
Êtes-vous vraiment l’aînée de la famille ?
 
T.G : Oui, je suis l’aînée des enfants de papa (sourire).
 
D.N : Que pensez-vous de cette affaire d’expulsion par l’OPITE ?
 
T.G : (Silence, très émue c’est sa fille Aimée-Christiane qui répond). C’est faux ce que dit l’ambassadeur. De quelle pression parle-t-il ? Qu’il arrête de mettre la faute sur l’OPITE puisqu’il a raconté que la résidence est vide (que personne n’y habitait).
 
D.N : Faites-nous la genèse de cette affaire…
 
T.G : (Elle laisse sa fille répondre). Disons que cette affaire a commencé en 2005 après la mort de mon grand père. Je peux affirmer que l’unité de la famille a volé en éclats depuis sa disparition. Comment comprendre que ma mère qui est l’aînée des enfants du feu Président Eyadéma Gnassingbé puisse vivre dans de telles conditions (résidence délabrée, eau et chauffage coupés) ?
 
D.N : Le président Eyadema Gnassingbé a-t-il laissé un testament ?
 
T.G : Non, il n’y a pas eu de testament. Du moins à ma connaissance, c’est ce que l’on m’a fait savoir.
 
D.N : Qui vous l’a fait savoir ?
 
T.G : Je suis lésée. J’ai toujours été lésée depuis longtemps. En résumé, je suis le souffre–douleur de la famille.
 
D.N : Un appel aux personnes de bonne volonté…
 
T.G : Je vis dans un dénuement total avec des dettes à la banque. Je ne veux aucun mal à mon frère Faure. Je lui demande simplement de penser à moi et de satisfaire mes besoins vitaux, car ma situation se dégrade de jour en jour. (Sa fille intervient)… Ce n’est pas normal. Qu’on arrête de se mentir. Ma mère veut sa part d’héritage. Après quoi, elle pourra quitter la résidence et s’installer ailleurs. Je précise que ma grand-mère est la première femme de mon grand-père. Trop c’est trop, ma mère a assez souffert de la mégalomanie de sa fratrie durant des années.
 
D.N : Comment expliquer l’implication de l’ambassadeur dans l’affaire?
 
(Réponse de sa fille)… Il s’est impliqué personnellement dans l’affaire pour avoir mis des écrits à l’entrée de la résidence ordonnant l’expulsion. C’est tout de même curieux pour un diplomate qui ignore qu’on n’expulse pas des personnes en période hivernale. « La loi du 29 juillet 1998 contre l’exclusion (dite loi Aubry) a instauré le régime de la trêve hivernale, qui interdit l’accomplissement de toute mesure d’expulsion entre le 1er novembre et le 15 mars de l’année civile suivante ». Je vous dis que j’ai été agressée, victime d’insultes et traitée de fille prostituée par les hommes de l’ambassadeur contre lesquels une plainte a été déposée. L’ambassadeur lui-même a tenu des propos désobligeants à l’endroit de ma mère lors de notre rencontre ; la menaçant avec des propos amers : « Arrête de jouer dans la cour des grands avec tes histoires d’ONG, car si tu continues, tu perdras tout ». Des entretiens téléphoniques sont enregistrés et sont disponibles.
 
D.N : Vous avez le sentiment que la résidence a été vendue ?
 
(Réponse de la fille)… La résidence est mise en vente à un prix de 10 millions d’euros. J’ai lu l’annonce de cette vente sur le site de l’hebdomadaire Le Point. L’ambassadeur nie l’avoir mise en vente. Et pourtant il a demandé à six ou huit agents de sécurité de bloquer l’entrée avec des barres de fer. Rien que pour nous empêcher d’y entrer.
 
D.N : Comment avez connu Diasporas News ?
 
(Réponse de sa fille)… Diasporas-News est un magazine à grand tirage connu de toutes les diasporas. C’est l’ONG Compagnons de cœur et son Président le Professeur Pétros Adler ZINZINDOHOUÉ qui ont présenté ma mère à son Directeur de publication. Je demande à Diasporas-News et à toute la presse de faire une large diffusion de l’injustice faite à ma mère. Nous sommes dans un dénuement total.
 
D.N : Votre dernier mot ?
 
T.G : Je ne demande qu’une seule chose : l’amélioration de ma situation. Je ne peux vivre dans de telles conditions. Une résidence délabrée, sans eau ni chauffage en hiver. C’est inhumain. J’ai des enfants mineurs qui vont à l’école. Comment peuvent-ils réussir ? Que l’ambassadeur arrête de dire des contrevérités à la police et à qui veut l’entendre. Comme l’a dit ma fille, je n’ai jamais reçu de proposition de relogement. Pourquoi devais-je refuser une telle opportunité pour le bien de ma famille ? Non, c’est de l’affabulation, l’ambassadeur a toujours refusé de me reloger, arguant que je ne fais pas partie de son personnel. A mon frère Faure, je dis que nous sommes unis par le lien du sang. Que le sens et l’honneur de la famille l’habitent pour penser à la situation déplorable que vit sa sœur aînée que je suis. Dans notre fratrie, l’orgueil ne doit pas avoir de place pour préserver la mémoire de notre père.
 

 
Faustin Dali
 
Diaporas-News N°36 décembre 2012
 

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