|

Crise politique au Togo et manifestations du CST : Toyi Gnassingbé et François Boko, les nouveaux boucs émissaires de Faure Gnassingbé

image_pdfimage_print

Durant le long règne de feu Eyadema, l’opposant historique devenu aujourd’hui préhistorique a toujours été présenté comme la source de tous les malheurs du pays. on trouvait sa main dans toutes les revendications légitimes des citoyens. Que ce soient les étudiants, les fonctionnaires, bref, les populations, le pouvoir trouvait toujours des moyens pour faire croire à l’opinion que c’est Gilchrist Olympio qui était derrière les manifestations. On n’hésitait pas à déployer d’énormes moyens financiers pour permettre aux badauds et autres délinquants de prendre d’assaut les médias pour vilipender à longueur de journée cet homme politique. Depuis que l’opposant préhistorique a rejoint avec armes et bagages ses adversaires d’hier, le pouvoir de Faure Gnassingbé reste toujours dans la même logique.

Jusqu’à une période récente, on mettait tout ce qui bougeait dans le pays sur le dos de l’ANC et particulièrement de son Président Jean-Pierre Fabre. Mais depuis quelques jours, à la faveur des manifestations du Collectif « Sauvons le Togo » qui mettent le pouvoir à mal, les théoriciens du régime RPT-Unir semblent avoir changé de fusil d’épaule. Le CST composé d’éminents hommes politiques, de professeurs d’université et de défenseurs des Droits de l’Homme n’est pas une organisation clandestine. Il opère à visage découvert et ses idées sont connues de tous. Les problèmes pertinents que le CST soulève dans sa plateforme citoyenne sont connus de tous les Togolais. Au lieu de prendre la mesure de la situation et trouver des solutions durables, Faure Gnassingbé comme à l’époque de son père, a choisi la fuite en avant par la répression. Cette répression ne venant pas à bout de la détermination du CST et des populations, on tente de faire croire à l’opinion depuis un certain temps que ce sont Toyi Gnassingbé et François Boko qui sont respectivement le financier et le stratège du CST.

Nous sommes toujours dans la logique de fuite en avant, et surtout la recherche des boucs émissaires pour justifier l’incapacité d’un régime à faire face à une situation qui risque de conduire le pays vers des lendemains incertains. Le fait que Toyi Gnassingbé soit le frère jumeau de Kpatcha Gnassingbé qui croupit en prison, on imagine qu’il serait derrière une quelconque activité du CST. On ne serait pas supris d’entendre demain que c’est Kpatcha Gnassingbé lui-même, Bertin Agba voire Pascal Bodjona ou quelqu’un d’autre du régime qui finance le CST. Et pourtant ces gens disent avoir des renseignements fiables basés sur des écoutes téléphoniques. N’importe quoi ! Mais au-delà de tout c’est le cas François Boko qui nous intéresse ici.

François Boko, l’homme à abattre


Depuis qu’il a refusé de s’associer à la mascarade électorale de 2005 suivie des massacres en quittant avec fracas son poste de ministre de l’Intérieur avant de s’exiler en France, François Boko continue d’être la cible permanente du pouvoir de Faure Gnassingbé. On met tous les moyens pour l’atteindre là où il se trouve.

En décembre 2009, comme nous l’avions déjà écrit, il a failli servir de monnaie d’échéance entre le pouvoir de Faure Gnassingbé et celui d’Idriss Déby au Tchad, puisque ce dernier cherchait à neutraliser Hassan Fadoul, l’un de ses farouches opposants en exil au Togo depuis des années.

En juillet 2010, alors qu’il était en mission officielle pour l’Union Européenne au Bénin, le pouvoir togolais par l’intermédiaire de ses services bidon de renseignements, notamment la fameuse ANR a tenté de l’assassiner, mais la France est intervenue in extremis pour dissuader le Président béninois Yayi Boni de s’engager dans une telle aventure.

Au Cameroun où il est actuellement en mission pour le compte de l’UE, le pouvoir togolais a multiplié des manœuvres auprès de son homologue de ce pays pour obtenir le départ de monsieur Boko, en vain. Sa famille n’est pas à l’abri de cet acharnement dont personne ne comprend jusqu’à ce jour les raisons. Ainsi certains de ses frères fonctionnaires sont régulièrement persécutés sur leurs lieux de travail s’ils ne reçoivent pas parfois des affectations sanction.

Cette persécution s’est abattue sur sa sœur, Madame Baka Ablavi qui a finalement été exfiltrée du Togo en 2010 par une Chancellerie de la place. Et depuis, elle vit en exil avec ses enfants et ne peut plus mettre pied au Togo.

Le cuisinier personnel de l’ancien ministre, Monsieur Kodjo Amdja qui revenait du Tchad en juillet 2010 avec les bagages de son patron a été arrêté à la frontière de Sanvee-Kondji avec le chauffeur et son apprenti, détenus pendant plusieurs jours et libérés suite à des pressions venus de l’extérieur. Ce cuisinier aussi pour sa propre sécurité, a dû quitter le Togo pour l’extérieur. Voilà le visage du Togo sous Faure Gnassngbé.

Quant à François Boko, on continue de le voir partout même s’il est à des années- lumières de ce qui se passe au Togo. Son malheur est de s’être investi en 2010 à Paris pour créer le FRAC, ce regroupement de partis politiques qui a soutenu la candidature de Jean-Pierre Fabre à la présidentielle de mars 2010. Aujourd’hui avec l’obligation stricte de réserve qui frappe l’homme à cause de ses fonctions de diplomate au Cameroun, le pouvoir togolais par une alchimie dont il est le seul à connaître le secret fait croire que c’est François Boko qui est la tête pensante du Collectif « Sauvons le Togo ». Même si l’on imagine que l’homme là où il se trouve reste solidaire de la lutte que mènent les populations togolaises, faire croire que c’est lui qui est la base du CST comme ce fut le cas du FRAC, est une plaisanterie de mauvais goût. Que préparent encore Faure Gnassingbé et ses sbires contre François Boko ? L’impliquer dans les évènements actuels au Togo afin de s’en prévaloir auprès de l’UE pour qu’elle ne lui renouvelle plus de contrat ne serait pas mal comme manœuvre.

Comme on le voit, le pouvoir de Lomé n’est pas prêt à lâcher un homme qu’il considère comme une cible à abattre. Dans un de ses articles, « republicoftogo » le site très toxique du pouvoir en place avait fait état de ce que Monsieur François Boko avait acquis la nationalité française.

La France sait désormais quoi faire pour protéger son citoyen là où il se trouve.

Mensah K.

source : lalternative-togo.com

Tags: , ,

Laissez un commentaire

Free WordPress Theme

*