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CONFERENCE DE PRESSE DU FRAC DU 07 SEPTEMBRE 2010

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Depuis l’élection présidentielle du 04 mars 2010, le climat politique et social au Togo ne cesse de se dégrader davantage, chaque jour qui passe. Le gouvernement se livre à une violation systématique de la Constitution et des droits de l’homme, révélant ouvertement par ses actes, la volonté de porter atteinte à l’intégrité physique des citoyens, et spécifiquement, à celle des dirigeants de l’opposition. Cette situation est incontestablement illustrée par les éléments suivants.

Contrairement aux dispositions de la Constitution togolaise qui garantit à tout citoyen et aux partis politiques le droit de manifester, y compris pour contester les résultats des élections, force est de constater que depuis la dernière élection présidentielle, toutes les manifestations envisagées ou organisées par l’Opposition à l’intérieur du pays ont été systématiquement interdites ou violemment réprimées. Le Gouvernement procède à des arrestations et détentions arbitraires des militants de l’opposition.

Les biens des militants de l’opposition ont été parfois confisqués sans aucune procédure judiciaire ou même sans qu’aucune infraction ne leur soit reprochée. On citera notamment le cas des motos confisquées par les Forces de l’Ordre depuis le 9 mai 2010 à Sokodé. Le Gouvernement porte gravement atteinte à la liberté de culte soit en réprimant, dans le sang, les séances de prières ou en empêchant l’accès à certains lieux de culte, sans que soit alléguée une quelconque atteinte à l’ordre public.

Le Gouvernement, se substituant au pouvoir judiciaire, en violation du principe de la séparation des pouvoirs, a tranché un litige opposant deux parties d’une même formation politique, au profit de l’une d’elles et mis les moyens de l’Etat à son service, tout en se livrant à une violente répression contre l’autre partie.

Les Forces de l’ordre, sous l’autorité du Gouvernement, font un usage abusif des grenades lacrymogènes non conventionnelles et s’en servent délibérément pour porter atteinte à l’intégrité physique des responsables de l’opposition. En effet, ces responsables sont directement visés contrairement aux usages qui voudraient que les tirs permettent seulement de disperser les foules. Les cas de Messieurs PERE président de l’ALLIANCE et de FABRE, Député à l’Assemblée nationale illustrent suffisamment nos propos.

Cette violence incompréhensible a atteint une étape supplémentaire le mercredi, 1er septembre 2010 par le passage à tabac de l’Honorable Jean Pierre FABRE, Député à l’Assemblée nationale togolaise. En effet, alors qu’il se rendait au Temple Méthodiste Salem de Lomé aux environs de 13 heures pour la séance de prière hebdomadaire, il s’est trouvé face à un dispositif de gendarmes qui empêchait l’accès au temple. Il était sorti de sa voiture pour s’enquérir auprès des gendarmes des raisons de cette situation. C’est alors que le Capitaine KONDO, responsable du dispositif s’approcha de lui, donna un coup sur la tête de M. Alphonse KPOGO, secrétaire général du parti ADDI, à l’aide d’une grenade qu’il tenait dans la main, et tira cette grenade sur la vitre arrière du véhicule du député FABRE. Le Député décida de quitter les lieux. Au moment où il allait ouvrir la portière de sa voiture, le Capitaine KONDO lui a asséné un violent coup de matraque dans le dos.

Face à ces violations graves, délibérées et répétées, il est possible d’affirmer que le Togo n’a jamais été dans une situation de régression de l’Etat de droit aussi inquiétante que celle que nous connaissons aujourd’hui. Si rien n’est fait, il est à craindre que le Togo sombre dans un chaos.

Pour le FRAC,
Le Président
Jean-Pierre FABRE

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