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Chronique de Kodjo Epou Les dérapages outranciers et outrageants de Louis Michel

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Lomé 2 est aux anges. Du maître des lieux jusqu’aux jardiniers, en passant par les gardes du corps, on a la mine épanouie et le sourire fendu jusqu’aux oreilles. L’homme blanc, le belge Louis Michel, est venu proclamer, au sortir d’une beuverie avec le président, que « le Togo est dans une dynamique de progrès et d’amélioration crédible ». Avec fracas, on pavoise dans les organes de propagande du régime. L’ancien Commissaire Européen au Développement a surtout félicité le Chef de l’Etat pour « les infrastructures modernes, les routes, l’élection du Togo au Conseil de Sécurité de l’ONU et, plus fondamental, pour la vision ambitieuse du Chef de l’Etat pour le Togo, qui a favorisé le dialogue et la réconciliation ».

Louis Michel se serait contenté de sa pitrerie à Lomé en caressant Faure Gnassingbé et ses sbires dans le sens du poil ou en chantant, comme d’habitude, les louanges du parti au pouvoir que sa visite dans le cadre de la 22ème session parlementaire des ACP-UE n’aurait provoqué aucun remous. Les Togolais ayant l’habitude de voir défiler sur leur sol un nombre considérable de ‘’diplomates’’ mendiants encenser autant que faire se peut la dictature héréditaire des Gnassingbé. Le clown belge, Louis Michel, c’est connu, a toujours agi comme un porte-parole du RPT. Cette fois-ci encore, il n’a pas failli à sa frivolité d’individu grossier et indélicat en interprétant à sa manière le verdict de la Cour de Justice de la CEDEAO.

Un peuple, qu’il soit pauvre ou riche, même gouverné par des petits d’esprit, mérite au moins respect. Lorsque l’encenseur belge prend position dans l’affaire des députés arbitrairement exclus du parlement par le pouvoir RPT en affirmant que, « ces députés de l’ANC devraient être indemnisés et rien d’autre », il franchit la ligne rouge à ne pas dépasser.

Tout Togolais digne de ce nom devrait s’indigner de cette intrusion étrangère aussi grossière que provocatrice. A commencer par les gens du RPT. Un éloge ne sert que quand il émane d’un personnage honorable, probe et sobre dans ses propos. Mais venant d’une personne aux mœurs douteuses, d’un Louis Michel qui traîne dans l’espace européen des tonnes de casseroles, cet éloge dessert et ne peut en aucun cas être de nature à faire pavoiser. A moins que l’on soit de la même trame que l’encenseur.

Paradoxe des paradoxes, le personnage qui félicite le Chef de l’Etat pour “le dialogue et la réconciliation”, prend au même moment une position diamétralement opposée à un discours réconciliateur. Ça veut dire flatter bassement, flagorner une Nation, ses citoyens et ses institutions ! Tout le monde n’est pas dupe au Togo pour accepter cette énième moquerie de Louis Michel.

Un député togolais ou africain, peut-il avoir le toupet d’interprêter aussi brutalement et grossièrement, à Bruxelles, la crise politique qui secoue la Belgique depuis plus d’un an ? L’aurait-il osé que tous les protagonistes belges, sans note discordante, allaient trouver scandaleux et inacceptable qu’un “nègre de la jungle d’Afrique” vienne mettre son nez dans une affaire relevant de leur souveraineté nationale. De quel droit alors Louis Michel doit-il, lui, s’autoriser un comportement qu’aucun Togolais, qu’aucun étranger – bonnes moeurs et respect des autres obligent – ne peut se permettre en terre belge ?

Et puis, en soutenant de manière aussi brouillonne et sans retenue le RPT contre l’ANC, Louis Michel met en cause, par ricochet, les compétences de la juridiction régionale de la CEDEAO qui a jugé que “la procédure ayant conduit à l’exclusion des neuf députés de l’ANC était injuste”. On voit là qu’il n’y a réellement aucune raison pour que les partisans de Faure Gnassingbé se réjouissent.

L’orgueil national recommande que les politiques et politiciens togolais, tous différends tus, dénoncent le vénal Louis Michel. C’est un oiseau de mauvais aloi, un provocateur qui sème la zizanie partout où il passe. A Gaza, à Madagascar, au Tchad, en RDC et au Gabon, partout en Afrique francophone et même en Somalie, il a toujours pris fait et cause pour le camp où se situent les caisses de la dictature. Cela nous amène à accorder du crédit aux allégations selon lesquelles Louis Michel n’est que le digne représentant de cette Europe pourrie et dévergondée, prête à se prostituer pour les mallettes débordantes d’argent.

En Belgique, ses compatriotes, tant dans la presse qu’en privé, ne lui font pas de cadeaux. Ils l’accusent de crimes organisés, de détournement de plus de 300 Millions d’euros dans le cadre du CDI/CDE alias CDE, de Faux et Usage de Faux en écriture, d’escroqueries, de port de Faux Titres publics, de délivrance de Faux Passeports et Titres diplomatiques à des complices criminels du CDI/CDE. Coupable ou pas, l’homme traîne l’image d’un faussaire.Ainsi est présenté dans son propre pays le personnage qui soutient le RPT, le parti aux fréquentations douteuses. « Dis moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es », dit l’adage.

La rupture tant promise par Faure Gnassingbé se fait toujours attendre ; la mère patrie est dans un coma profond, son visage par terre, livrée à des charognards de toute espèce. L’indécence que Louis Michel s’est permis à Lomé ne nous rappelle que trop ces périodes amères où les Pasqua et autres… Debré, bref tous les échantillons que la frange véreuse de la France regorge, défilaient à Lomé 2, tranquillement, pour faire l’apologie de la dictature d’Eyadèma Gnassingbé. On n’a pas besoin d’appartenir à l’ANC pour s’en indigner et crier sa rage.

Louis Michel, à ce qu’il paraît, promet de porter plainte, prétendant être diffamé par la réaction des victimes de la dictature de ses copains bienfaiteurs. Quel paradoxe ! C’est un peu comme un nostalgique du nazisme qui va crier, en plein Tel Aviv, les bienfaits du fürher et qui va porter plainte parce que les victimes de l’holocauste lui ont jeté des pierres. Pourquoi ce monsieur ne mène aucune action contre toutes ces allégations qui foisonnent, en Europe, à son sujet ?

Si Louis Michel a oublié comment et dans quel désastre ses amis ont atterri au pouvoir en 2005, les Togolais, eux, en portent encore les stigmates. Il va falloir que le goujat belge le reconnaisse pour ne limiter ses sorties de beuveries qu’aux sujets qui n’ont rien de commun avec la sensibilité des Togolais par ces temps difficiles à eux.

Kodjo Epou
Washington DC
USA

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