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Audiences publiques sur les évènements d’Avril 2005 au Togo : Faure Gnassingbé bientôt attendu devant la CVJR

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Réconciliation nationale, toujours la réconciliation nationale. Eh oui, les mots sont bien trouvés par les éternels agrégés de grammaires, plus puissants que Léopold Sédar Senghor. Mais sont-ils à la hauteur de leurs ambitions ? Non ! Diraient les populations togolaises. Et elles ont raison, car dans ce processus qui fait roussir les cheveux à Mgr Nicodème Barrigah-Benissan, il y a plusieurs étapes qui sont en train d’être sciemment brûlées, avec la complicité de quelques barons définitivement décidés à étouffer la vérité. Et pour cela, Faure Gnassingbé compte lâcher tous les caciques du pouvoir qui seraient cités dans des actes de violence au Togo et serait même prêt à être entendu par la CVJR au moment opportun. Que dira-t-il ? C’est la question que l’on se pose.

Parmi les révélations qui accablent certains barons du régime RPT devant la commission, les violences inouïes de 2005, suite à la venue rocambolesque de Faure Gnassingbé à la tête du Togo. Pour beaucoup de personnes, Faure Gnassingbé n’est pas comptable de ces tueries de 2005 pour la simple raison que c’est Abass Bonfoh qui était le président de la République par intérim au moment où ces choses se sont produites. Mais à vrai dire, si les choses ont tourné au drame en 2005 entraînant l’abattage des Togolais considérés comme des arbres encombrants de la forêt, c’était dans le seul but de l’imposer à la tête du Togo, et comme le peuple ne voulait plus d’un dirigeant issu de la famille Gnassingbé ou du moins du régime RPT, il s’était opposé à l’avènement du fils à papa, d’où la répression sanglante qui fait partie des actes à l’ordre du jour de la CVJR.
L’homme feint de baliser la voie à la CVJR pour que celle-ci réussisse la mission qui lui est dévolue depuis 2009. Mais Faure Gnassingbé constitue lui-même un vrai handicap au processus. Aujourd’hui, Faure Gnassingbé se sentirait coupable en partie de tout ce qui s’est passé en 2005. Est-il sérieux ?
En effet, après l’intrusion des Forces Armées Togolaises (FAT) dans les audiences publiques de la CVJR lors de la première étape de Lomé, le Chef de l’Etat était intervenu pour calmer le jeu en recevant en audience avortée, les membres de la commission, l’ancien Premier Ministre Joseph Koffigoh et les autorités des FAT à la présidence. Au sortir des discussions, les participants à cette rencontre ont eu la peine de dire aux populations, ce que Faure Gnassingbé leur avait réellement dit.
Selon les informations à notre possession, après avoir rassuré la CVJR sur une bonne fin de sa mission, le Chef de l’Etat aurait bel et bien rappelé à Mgr Nicodème Barrigah-Benissan et sa bande, bien sûr devant Me Koffigoh et les autorités des FAT, la nécessité d’entendre tous ceux qui, au pouvoir, sont cités par des témoins comme acteurs ou commanditaires des actes de violence posés dans le pays dans la période fixée.
Selon Faure Gnassingbé, tous les Togolais, qu’ils soient ministres, députés, directeurs de société d’Etat, officiers supérieurs de l’armée ou proches du régime, doivent passer devant la CVJR. Plus loin, le Chef de l’Etat serait allé jusqu’à dire qu’il est lui-même prêt à être entendu par la CVJR s’il est cité par des témoins dans tel ou tel acte de violence au Togo. Ce qui fait dire que des barons comme Abass Bonfoh, Kpatcha Gnassingbé (même en prison) ou autres personnalités, impliquées de prêt ou de loin dans des exactions commises sur les populations togolaises, se doivent d’aller devant la commission pour donner leurs versions des faits.
Même si ces noms ne sont pas encore cités par des témoins, il est loisible que la CVJR aille loin car ils sont cités dans de nombreux rapports accablants sur les violations des droits de l’homme au Togo, dues à la violence d’avril 2005. Tous les généraux qui ont commandité des meurtres lors de ces élections, passeront tous à la barre avant de savoir ce qu’ils iront raconter comme Major Kouloum, Issifou Okoulou Kantchatchi et autres caciques du pouvoir cités dans des actes de violence, l’on fait.
Les audiences qui sont à leur dernière étape à Lomé depuis hier, édifieront plus les Togolais sur la nature des violences et leurs présumés auteurs.

Sébastien Lionel

source : triangledesenjeux.com

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