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AFFAIRE KPATCHA : SUR L’IMMORALITE ET L’INDECENCE DU SOUTIEN DE L’ANC, OBUTS ET DE LEURS AILES MARCHANDES MEDIATIQUES AU PIRE BOUREAU DE L’OPPOSITION TOGOLAISE

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A la mémoire des centaines de « jeunes martyrs de la démocratie togolaise » sacrifiés en avril 2005 sur l’autel du pouvoir héréditaire togolais

Introduction

Aux lendemains de la publication le 29 juillet 2011 du communiqué du Procureur Général de la République Togolaise annonçant la fin de l’instruction de l’affaire dite « Kpatcha » et de l’éminence d’un procès, il est tant de boucler l’instruction du « procès intellectuel » des compromissions des hommes politiques et des médias qui ont fait preuve d’un zèle exceptionnel dans la défense de l’accusé principal dans cette affaire, en particulier des dirigeants de l’ANC et de ses multiples ailes marchandes médiatiques dont la plus connue est le groupe de presse Liberté.

Le but de cette dernière « instruction intellectuelle », dont le procès n’est autre que le jugement des lecteurs et de tous les acteurs de la démocratie togolaise, est de projeter les lumières du bon sens et de l’esprit critique, donc de « la raison critique » comme dirait le philosophe Kant, sur l’immoralité et l’indécence du soutien de l’ANC et de ses ailes marchandes médiatiques à un des pires bourreaux des « martyrs de la démocratie togolaise ».

La primauté de l’éthique sur le droit en matière politique

A cette fin, qu’il nous soit permis de commencer par rappeler les propos du père romain du droit, Cicéron, rapportés dans un de nos derniers articles intitulé « sur les incompétences juridiques et intellectuelles des juristes de l’Union inter Parlementaire dans l’affaire des ex-députés UFC » (voir ufctogo.com) : « Les hommes politiques doivent être jugés, non selon le droit et la loi, mais selon l’éthique et la morale ». Cette formule énoncée avant la naissance même du « fils de Dieu », exprime « la primauté de l’éthique et la morale sur le droit et la loi », conformément au principe universel multimillénaire beaucoup plus ancien de la civilisation antique noire égyptienne appelé « Mâat ».

Au delà du droit incontestable à une justice équitable pour tous, cette formule s’applique aussi bien à l’accusé principal dans l’affaire en question concernant la sûreté de l’Etat, le sieur Kpatcha Gnassingbé, qu’aux autres hommes politiques et aux médias qui le soutiennent avec une ferveur étonnante et constante. Il s’agit en premier lieu des plus hauts dirigeants de l’ANC, en l’occurrence son Président Jean-Pierre Fabre, son Premier Vice-Président Patrick Lawson, et tous les autres ex-députés UFC devenus membres de l’ANC. Il s’agit ensuite du plus grand opportuniste et « sans gène » de l’Opposition Togolaise et même de toute la classe politique togolaise auquel nous avons consacré l’article « sur l’imposture et l’indécence d’Agbéyome Kodjo : partie I » (voir ufctogo.com). Il s’agit enfin de l’aile marchande médiatique la plus zélée de l’ANC, à savoir le groupe de presse Liberté, ainsi que de tous les autres organes de la presse écrite, audio-visuelle ou en ligne qui sont devenus des caisses de résonance de « tonneaux vides qui font le plus de bruit », qui se reconnaissent eux-mêmes et qui sont bien connus de tous les observateurs de la vie politique togolaise.

Rappel des faits

Avant d’entrer dans le vif du sujet, sans pouvoir évoquer les pièces à conviction que nous ne connaissons pas du dossier d’instruction de l’affaire d’atteinte à la sûreté de l’état en jeu sur fond de rivalité entre deux frères, qu’il nous soit également permis de commencer par un « rappel précis des faits » qui nous intéressent dans cette affaire et tels qu’ils ont été rendus publics dans les médias nationaux et internationaux, avant de laisser les lecteurs exercer librement leurs facultés de jugement sur les personnes et médias mis en cause ici pour leur soutien au pire bourreau de l’Opposition togolaise.

Pour commencer, donnons la parole au journaliste français Christophe Boisbouvier, un spécialiste bien connu de la Françafrique, qui a écrit dans son article « Règlement de compte en famille » publié sur JeuneAfrique.com le 20 avril 2009, donc quelques jours après l’arrestation de Kpatcha Gnassingbé le 15 avril 2009 : « Comme dans les tragédies grecques, tout remonte au jour de la mort de leur père, le 5 février 2005. Premier acte, Faure et Kpatcha sont dans l’avion qui transporte Gnassingbé Eyadéma en catastrophe vers Israël pour une ultime tentative de sauvetage. Pourquoi Faure et Kpatcha sont-ils à bord, et pas les autres membres de la nombreuse fratrie Gnassingbé  ? Tout est là. Depuis quelques années, les deux frères sont des proches collaborateurs du chef de l’État togolais. Après des études d’économie en France et aux États-Unis, Faure, l’aîné, est devenu ministre des Mines et gère les biens de la famille. Avec un bagage universitaire beaucoup plus modeste, Kpatcha s’est imposé comme l’interface avec les militaires et dirige la très juteuse zone franche de Lomé. Visiblement, le « Vieux » prépare les deux aux plus hautes fonctions… Mais il n’a pas choisi. Ce 5 février, le général Eyadéma meurt dans l’avion de la dernière chance…. Les deux demi-frères arrivent à Lomé II et convoquent le haut état-major pour une cérémonie d’allégeance. Dehors, la résidence est entourée de blindés. Au cas où…Faure est debout, dans le bureau de son père. Un à un, chaque officier supérieur s’avance vers lui, se met au garde-à-vous et déclare : « Désormais, Excellence, nous vous reconnaissons comme chef de l’État. » Kpatcha est à la droite de Faure. Après le salut militaire, chaque officier serre la main de Faure, puis celle de Kpatcha. Ce jour-là, Faure devient président, mais Kpatcha est de facto vice-président. Pendant les trois mois qui suivent, les deux frères respectent une trêve. Le clan Gnassingbé n’est pas sûr de garder le pouvoir. Il faut donc se serrer les coudes. Faure est le gestionnaire présentable aux yeux de la communauté internationale. Kpatcha, lui, contrôle l’armée et dirige la répression qui s’abat sur l’opposition après la présidentielle d’avril 2005. Bilan : au moins quatre cents morts, selon l’ONU. Mais dès la victoire acquise ».

Cinq mois avant l’arrestation de Kpatcha Gnassingbé, le même Journal Jeune Afrique avait déjà consacré à ce dernier une note bibliographique datant du 24 novembre 2008 et annonçant en les termes suivants les signes avant coureur d’un rebondissement dans l’antagonisme entre les deux frères : « Accusé d’être à l’origine de la répression qui a suivi l’élection présidentielle d’avril 2005, Kpatcha Gnassingbé, le demi-frère du chef de l’État togolais, Faure Gnassingbé, n’est plus en odeur de sainteté. Décrié pour son autoritarisme, le tout-puissant ministre de la Défense, en exercice de mai 2005 à décembre 2007 dans les gouvernements successifs d’Edem Kodjo et de Yawovi Agboyibo, a été sorti de l’équipe formée par le nouveau Premier ministre, Komlan Mally, nommé le 3 décembre 2007. Une décision que d’aucuns attribuent à la lutte d’influence que se livrent les « deux frères ennemis ». Député du Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir), gardant la haute main sur plusieurs sociétés publiques stratégiques, Kpatcha brigue le poste de président de l’Assemblée nationale ».
Compte tenu du traumatisme subi par tous les sympathisants et militants de l’Opposition togolaise au « régime héréditaire togolais » par les massacres des centaines, voire des milliers de « jeunes martyrs de la démocratie togolaise » en avril 2005 dans plusieurs préfectures du Togo, ce qui intéresse le plus ces sympathisants et ces militants de « l’alternance politique pacifique au Pays de nos Aïeux », c’est le témoignage d’un non partisan de la vie politique togolaise sur la responsabilité unanimement reconnue de sieur Kpatcha Gnassingbé dans ces massacres qui constituent la plus grande souillure de l’histoire du « Pays de nos Aïeux » en y incluant la période du tyran Agokoli. C’est l’horreur de la planification par Kpatcha de ces massacres d’avril 2005 qui avait poussé le Ministre de l’intérieur de l’époque, le Commandant de gendarmerie François Boko, à démissionner pour ne pas devenir un complice de Kpatcha, ce que beaucoup dans le camp du pouvoir n’ont pas eu l’honnêteté et le courage de faire, préférant profiter de « sale boulot » de Kpatcha. Et pourtant, Boko n’était pas un tendre, ni un enfant de cœur, ayant gagné la confiance du dictateur togolais par le « sale boulot » de tortionnaire au camp de gendarmerie de Lomé, ce qui lui a valu d’occuper de décembre 2002 à avril 2005 le poste de Ministre de l’intérieur. Même l’avocat français de Kpatcha Gnassingbé, Maître Mario Stasi, reconnaît publiquement la responsabilité de son client dans les massacres en question qu’il a évoquée à la fin de la conférence de presse organisée à Lomé le 12 septembre 2009 par le collège des avocats de l’accusé en déclarant : « Tant de choses qui prouvent que le pouvoir en place ne sait plus où se donner la tête dans cette affaire. Sa chance est que le peuple togolais ne porte pas Kpatcha Gnassingbé dans son cœur meurtri par les milices de sinistre réputation ».

C’est cette responsabilité de sieur Kpatcha Gnassingbé dans la planification et l’exécution de ces massacres, avec les forces d’appoint apportées par ses « milices génocidaires du type rwandais » à la barbarie des forces armées togolaises excitées par leur chef de l’époque et actuel co-accusée et co-détenu de sieur Kpatcha, le Général Assani Tidjani, que le journaliste togolais Franck Ekon ne fait que rappeler en les termes suivants dans son excellent article « le rôle prépondérant de l’armée togolaise », publié dans l’ouvrage collectif « Avril 2005, le choix volé des togolais », coordonné par l’association « Survie » : « Pendant que le candidat Faure tenait un discours conciliateur sur le terrain et se présentait comme porte-étendard d’une politique de l’apaisement à l’égard des opposants, les « têtes dures » de l’armée togolaise conduits par le général Assani Tidjani étaient chargés de dresser le décor d’une violence totale avec la mise à contribution de la panoplie de moyens surdimensionnés face à une population désarmée… Des contacts sont entrepris pour conjurer les démons d’une paranoïa militaro-politique qui hante ce pays depuis de nombreuses années. Peine perdue. Le sort des Togolais est scellé. Le sang coulera. Pour Faure Gnassingbé, la route vers la présidence de la république sera inondée du sang de ses compatriotes. Son frère Kpatcha Gnassingbé, directeur de la zone franche togolaise, tient réunion sur réunion et procède personnellement au dispatching des armes aux milices dans certains quartiers de la capitale ».
En fait, sieur Kpatcha Gnassingbé ne s’est contenté pas de planifier les macabres opérations de ses « escadrons de la mort ». Il est allé jusqu’à la direction « sur le terrain » de leurs exécutions, tirant lui-même à Lomé sur les jeunes manifestants désarmés comme un chasseur tire sur des gibiers, devant des centaines de témoins oculaires, comme tout le monde le sait à Lomé.
C’est à la lumière de ces actes de barbarie et de sacrifices humains sur l’autel d’un « pouvoir héréditaire », orchestrés et perpétrés par sieur Kpatcha Gnassingbé, qu’il convient de juger les actes de complaisance et même de complicité et de soutien d’une extrême gravité posés par plusieurs dirigeants de l’Opposition togolaises, en particulier de l’ANC et de OBUTS, ainsi que par leurs ailes marchandes médiatiques, en faveur d’un des pires bourreaux publiquement connus et reconnus de l’Opposition togolaise, dès l’éclatement de l’affaire Kpatcha le 12 avril 2009.

En effet, quelques heures à peine après la première tentative d’arrestation de Kpatcha dans la nuit du 12 au 13 avril 2009, le Président de OBUTS, Agbéyomé Kodjo sera la première personnalité politique togolaise à voler publiquement au secours du « pire bourreau de l’Opposition togolaise » avec qui il a fini par tisser des liens très étroits d’amitié et de complicité politique, comme le trahissent les termes suivants avec lequel il parle de son ami dans sa déclaration en date du 17 avril 2009 intitulée de manière éloquente « communiqué de presse de OBUTS relatif à l’incarcération de l’honorable député Kpatcha Gnassingbé » : « Les togolais ont été frappés d’une vive émotion et ressenti beaucoup de compassion, en apprenant par les médias le lundi de Pâques la violence de l’attaque dont le domicile de l’honorable député KPATCHA GNASSINGBE a été la cible dans la nuit du 12 au 13 Avril 2009. Le Président de OBUTS s’est rendu personnellement à son domicile le lendemain du drame, pour exprimer sa compassion et sa solidarité à un élu du peuple dans l’épreuve qu’il traverse ».
Le comble de l’indécence du soutien public du Président de OBUTS au « pire bourreau de la démocratie togolaise » fut atteint lorsque, à un journaliste qui lui demandait dans un interview publié le 3 mars 2010 : « Votre première action quand vous serez président de la République ? », il répondit sans hésitation ni vergogne : « J’irai libérer Kpatcha Gnassingbé. Nous avons dit que nous allons libérer tous les prisonniers politiques. Je considère que Kpatcha en est un ». Compte tenu du « sale boulot » que fit Agbéyomé Kodjo, en tant que ministre de l’intérieur du « dictateur togolais », dans le massacre de « Fréau Jardin » le 25 janvier 1993 et qui lui a valu de gravir rapidement les marches des honneurs de la « dictature togolaise » jusqu’au poste de Premier Ministre du « dictateur togolais », après avoir été Président de l’Assemblée National entièrement RPTiste et entièrement au service de la « dictature togolaise », et compte tenu du souvenir encore vivace des massacres massifs de 2005, s’il lui restait un fond de remord, de repentir, de moralité, de décence et de reconnaissance, on pourrait s’attendre que son premier acte, en tant que premier bénéficiaire de « l’alternance politique démocratique » au prix du sacrifice suprême des « martyrs de la démocratie togolaise », ait été de rendre un hommage solennel à ces derniers et d’aller déposer le plus beau gerbe de fleurs à leurs pieds au pied au « Monument des Martyrs ». On mesure là toute la distance qui le sépare du « Père de la démocratie togolaise » qui a déclaré dans son discours d’ouverture du congrès extraordinaire de l’UFC du 12 août 2010 : « Plus encore que des hommages verbaux, ce devoir de mémoire et de reconnaissance nous commande aussi d’ériger à la mémoire de tous « les martyrs de la démocratie togolaise » dès que possible « le mausolée des martyrs de la démocratie togolaise », pour que la mémoire de leur sacrifice demeure dans les cœurs de tous les démocrates togolais éternellement reconnaissants ».

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