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Affaire du riz toxique au Port de Lomé: La DG d’Elisée Cotrane, Julie Béguédou, se démène mais peine à convaincre

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Affaire du riz toxique au Port de Lomé
La DG d’Elisée Cotrane, Julie Béguédou, se démène mais peine à convaincre

Dans notre parution du mardi 16 août (Liberté N°1030), nous avons annoncé que du riz toxique était en train d’être débarqué au Quai 3 du Port autonome de Lomé (PAL). « En effet, la cargaison de 9501T000 de riz en vrac (riz non mis en sac), l’équivalent de 190.000 sacs de riz 50kg, que se préparait à débarquer le navire VANESSA C, était couverte en sa surface de produits de fumigation. Et ces produits de fumigation étaient jetés directement sur les grains de riz. Or, selon les documents de fumigation reçus à bord du navire, le produit  n’était autre chose que du FUMITOXIN, une matière hautement toxique », avons-nous écrit sans donner le nom de celui ou celle qui en est propriétaire.

Deux jours plus tard, la Directrice générale d’Elisée Cotrane, Julie Béguédou, une intime du chef de l’Etat qui a le monopole de l’importation du riz au Togo, a drainé au PAL un groupe de journalistes auxquels elle s’est présentée comme la propriétaire du riz incriminé. La conférence de presse a permis aux professionnels des médias de comprendre la situation du riz transporté par le navire VANESSA C.

En fait, la patronne d’Elisée Cotrane a confirmé que les services phytosanitaires ont réellement diagnostiqué le produit de fumigation qui a intoxiqué le riz. Mais elle a confié que le produit n’a contaminé que la surface du riz dans les conteneurs, une surface qu’elle a été obligée de détruire et qui fait environ une centaine de sacs. Pour elle, le reste du riz qui est resté au fond, n’a pas été contaminé par le produit.

Les journalistes qui n’ont pas été convaincus, ont demandé à avoir la preuve scientifique de la qualité du riz qui est déchargé et mis en sac actuellement. Qu’est-ce qui prouve que le produit qui est chimique, ne s’est pas répendu dans tout le conteneur pour infecter le riz ? Il n’y a pas eu de réponse précise. Elle s’est contentée de dire qu’il s’agit du riz américain qui est venu d’Amérique. « Les Américains, à partir d’un volume, préfèrent envoyer le riz en vrac parce que c’est plus rapide pour le chargement. Quand c’est en vrac, ils prennent deux jours seulement pour charger tout le bateau, mais quand c’est en sac, cela prend beaucoup de temps et ça prend beaucoup de sous. Pour nous, quand le riz est en vrac, c’est beaucoup plus rapide pour nous, et on a moins de sac déchirés après. C’est pourquoi nous avons opté pour que cela vienne comme cela ; il n’y a pas de problème sur le riz. Nous avons toujours l’habitude dans toutes les céréales de mettre toujours les insecticides pour tuer les charançons, c’est ce qu’on a mis sur le riz et c’est ce que nous mettons toujours. Arrivés, les services phytosanitaires, comme c’est la première fois qu’ils ont vu un bateau comme ça en vrac, étaient déjà étonnés. Etant donné que le riz n’est pas dans le sac, ils ont vu que quelques parties du riz ont été tachées par le produit », a-t-elle déclaré devant un parterre de journalistes.

D’autres révélations ont encore prouvé que les responsables d’Elisée Cotrane ont beaucoup de choses à cacher. D’abord, la dame l’a même reconnu, le riz ne se transporte jamais en bateau dans les conditions sus-mentionnées. Les produits qui viennent souvent en vrac, sont l’engrais et d’autres produits chimiques comme la soude en cristaux et autres.

Puisque la décharge du riz dans l’état vrac n’est pas conçue dans les activités de manutention, il n’y a pas de machines appropriées et c’est là que la société a encore commis une gaffe. Elle s’est servie des grues et matériels de décharge d’engrais qu’elle estime avoir été lavés. Et c’est ce matériel, qui décharge l’engrais en vrac, qui puise actuellement le riz dans les cargaisons pour le mettre en sac. Ce riz est déjà dans les entrepôts et sera bientôt déversé sur le marché.

A la fin de la conférence de presse, elle a demandé aux journalistes de partir chacun avec un sac de 50 kg de riz. Unanimement, ceux-ci ont refusé. Un confrère a clamé fort que ce riz est douteux et empoisonné et que les journalistes n’en ont pas besoin.

On a également annoncé dans la foulée une conférence de presse que le ministre de l’Agriculture et celui du commerce devraient donner pour situer l’opinion. Mais elle n’a pas eu lieu. Affaire à suivre.

Coco T.

source: liberté hebdo togo

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