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Affaire Bertin Sow Agba : Le conseil de l'ex-ministre ministre Bodjona parle d'une "affaire politique"

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« Pascal Bodjona n’est pas en train de fuir la justice, il n’est pas en train de demander une justice de sentiment, il est seulement en train de demander une bonne justice ». C’est en ces termes que le collectif des avocats défendant les intérêts de l’ancien ministre Pascal Akoussoulèlou Bodjona, ont présenté leur « part de vérité » à la presse ce dimanche à Lomé dans l’affaire dite « Bertin Sow Agba ».

Mes Isabelle Améganvi, Georges Tchassanté, Raphael Kpandé-Adzaré, Zeus Ajavon, Taboulsouma, tous membres du collectif de défense des intérêts de Pascal Bodjona sont montés au créneau en vue de situer l’opinion sur les contours de la procédure en cours contre l’ancien ministre de l’Administration territoriale, procédure qu’ils ont qualifiée d’« irrégulière ». Me Isabelle Améganvi a, au cours de cette rencontre avec la presse, rejeté les responsabilités de l’ancien porte-parole du gouvernement dans cette affaire d’« escroquerie internationale ». « Dans le dossier, il n’est pas avéré qu’il avait participé directement à la commission des faits », a-t-elle soulevé.

Selon les avocats, l’infraction reprochée à Pascal Bodjona « n’existe pas ». « La complicité n’est pas une infraction distincte, car l’article 14 du Code de procédure pénal togolais dit qu’on est complice de quelque chose. Juridiquement, on ne peut pas déposer une plainte contre quelqu’un pour complicité. La complicité, je vous le dis, n’existe pas comme étant une infraction qui puisse se distinguer du fait incriminé », a relevé de son côté, Me Raphael Kpandé-Adzaré.

« Il s’agit d’une affaire signalée, c’est une affaire traitée au plus haut sommet de l’État. C’est une affaire juridico-politique », dénonce Me Zeus Ajavon.

Les avocats ont fondé leurs « certitudes » sur les « informations » qu’ils auraient reçues dans les entourages du pouvoir faisant état de ce qu’on reproche à Pascal Bodjona des ambitions présidentielles avec le soutien de son frère Bertin Agba. « Nous disons purement et simplement qu’il s’agit d’une affaire politique et quelque part, il y a des gens qui tirent les ficelles », ont martelé ceux-ci.

« Il n’a pas été relevé des indices graves et concordants contre le ministre Pascal Bodjona ».

Parlant de la médiation entreprise par Mgr Nicodème Barrigah, président de la commission-Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) aux premières heures de l’arrestation de l’ancien homme de main de Faure Gnassingbé, les avocats ont laissé entendre que leur client « n’a demandé à personne le règlement à l’amiable de ce dossier ». « Mgr Barrigah est rentré dans ce dossier pour ramener la paix dans le pays », a indiqué Me Taboulsouma.

Pascal Bodjona a été appréhendé le 1er septembre dernier à son domicile de Lomé par un groupe de gendarmes à la suite d’une plainte déposée le 31 août dernier par un riche homme d’affaires émirati, Abass Al Youssef pour « escroquerie et complicité d’escroquerie ».

Dans le même dossier, Bertin Sow Agba un autre homme d’affaires, lui de nationalité togolaise croupit depuis le 7 mars 2011 à la prison civile de Tsévié. Ce dernier est accusé par M. Abass Al Youssef d’avoir été le « cerveau » de cette « escroquerie » à la Nigériane.

Un troisième accusé, l’ancien patron de la société ELF, était appréhendé le 14 septembre dernier à Abidjan et transféré au Togo pour « répondre » de ses responsabilités.

Il est reproché à ces trois personnes, d’avoir soutiré la somme de 48 millions de dollars (25 milliards de F CFA) grâce à des « manœuvres frauduleuses ».

Pascal Bodjona, cité au départ comme témoin dans ce dossier, a toujours rejeté ces « accusations », tout comme les deux autres accusés.

afreepress

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